Un article d'Isabelle Alonso paru dans Siné Mensuel qui fait, en quelque sorte, suite logique de celui d'hier sur les "Économistes attérrés" :
" Retour sur 2011. Dégommés, Ben Ali, Moubarak, Kadhafi. Balayés, Ben Laden, Kim Jong-il. C'est le crépuscule des salopards. Mais il reste des grumeaux dans le potage... El Assad, Ahmadine-jad, Hu
Jintao. Va falloir les virer aussi ceux-là. Même Castro, sauf qu'il faudrait pas que ça tourne à la poutinisation de l'île et que le remède soit pire que le mal. Tant qu'on y est, un coup de
balai sur l'Arabie Saoudite et la flopée d'émirats où les femmes ont à peine le droit de respirer, ça serait pas mal non plus. J'en oublie ? Oui. À vous de compléter...
Comparés à tout ça, nous autres Européennes et Européens faisons figure de coqs en pâte, gavé-e-s de calories et de suffrage universel. Ici, pour voter, on se fait prier, alors que d'autres sont morts pour ça. Ici, quand on manifeste, on ne risque plus sa vie, on peut y aller en charentaises, pour ce que ça change... C'est ça le problème. Manifs et élections ne changent rien. Les Italiens ont viré Berlusconi, mais on voit bien qu'il en faudra plus pour contrer l'hyperpuissante de ceux qui prétendent que l'économie sera ultralibérale ou ne sera pas.
Ici, un Français sur trois ne se soigne plus. Les deux tiers des foyers qui pourraient bénéficier du RSA ne le font pas. Pourtant, on nous rebat les oreilles avec la mentalité d'assistés qui ruinerait le pays. Le décalage entre le réel et le discours vire à l'obscène. Or les pauvres ne veulent pas la charité, qu'on se le dise. Ils veulent de la justice. Nuance.
Pour se donner de l'élan, un peu de culture prolétarienne, une chanson de la Commune :
« Oui mais, ça branle dans le manche
Ces mauvais jours-là finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront »
Paroles : Jean-Baptiste Clément, sur l'air du Chant des Paysans de Pierre Dupont, dédiée « aux fusilés de 71 » - 1871 -
Ça sent le printemps des peuples ! "
«La semaine sanglante»
À écouter ... en lisant les paroles
Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes aux larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux même sont tremblants,
La mode est au conseil de guerre
Et les pavés sont tout sanglants.
REFRAIN :
Oui mais, ça branle dans le manche.
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront (bis)
Les journaux de l'ex-préfecture,
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par aventure,
Les complaisants, les décorés,
Gens de bourse et de coin de rues,
Amants de filles aux rebuts,
Grouillent comme un tas de verrues
Sur les cadavres des vaincus.
On traque, on enchaîne, on fusille,
Tout ce qu'on ramasse au hasard :
La mère à côté de sa fille,
L'enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouge,
Valets de rois et d'empereurs.
REFRAIN
Nous voilà rendus aux jésuites,
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup,
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou
Dès demain en réjouissances
Et Saint-Eustache et l'Opéra
Vont se refaire concurrence
Et le bagne se peuplera.
Demain, les Manon, les Lorette,
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours.
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.
REFRAIN
Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.
Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ? …
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ? …
Jusques à quand la sainte clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?…
A quand enfin la République
De la justice et du travail ?…
Oui mais, ça branle dans le manche.
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront
Quand tous les pauvres s'y
mettront.
L'ONU et Amnesty International s'inquiètent des pratiques généralisées de torture.
Il faudrait aussi parler de la dictature des marchés financiers dans les pays dits "libres", dictature qui provoque la misère dans une frange de plus en plus importante de la population.